jeudi 5 décembre 2013

TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES: LES FOURBERIES D’UN SYSTÈME

Le décret du 17 octobre 2011 a modifié le tableau 57 de maladies professionnelles relatif aux pathologies de l’épaule, provoquées par certains gestes de travail.

Pour que le caractère professionnel de la maladie soit désormais reconnu, la victime doit être exposée au risque durant 3h30 par jour et selon une posture de travail déterminée (avec un angle supérieur ou égal à 60°)… lorsque le décret d’avant 2011 mentionnait seulement une exposition «habituelle» au risque!

Ainsi le texte remet en cause la présomption d’imputabilité, principe fondamental en matière de reconnaissance d’Accidents du travail et de Maladies Professionnelles: ce sera désormais à la victime de démontrer qu’elle a été exposée à un risque précis pendant une durée certaine.

En durcissant les conditions de reconnaissance de cette maladie, le décret a condamné une grande partie de salariés à entamer un parcours long et difficile en saisissant les Commissions Régionales de Reconnaissance des Maladies Professionnelles et à n’être indemnisée qu’au titre de la maladie ordinaire.

Saisi par les organisations syndicales de salariés, le Conseil d’Etat, dans sa décision du 27 novembre 2013, n’a pas entendu annuler ce décret injuste.

Force Ouvrière tient une nouvelle fois à condamner ce texte et les manœuvres qui l’entourent. En effet, intervenant dans le contexte de la réforme des retraites et donc de la pénibilité, ces «fourberies» n’ont d’autre objet que de légaliser la sous-reconnaissance des maladies professionnelles et de permettre aux employeurs de maîtriser l’évolution financière de leurs cotisations ATMP.

La logique de rigueur ne doit pas s’appliquer à la santé au travail! Force Ouvrière demande l’annulation du décret du 17 octobre 2011 et exige une réparation décente pour les travailleurs victimes d’accident du travail / maladie professionnelle (AT/MP).

 

Travailleurs détachés: FO appelle à une "révision complète" de la directive européenne


PARIS, 05 déc 2013 - Le syndicat Force ouvrière a appelé jeudi à une "révision complète" de la directive européenne qui encadre le détachement des salariés au sein de l'Union, dénonçant un "trafic de main d'oeuvre à grande échelle".

En vertu d'une directive de 1996, une entreprise peut "détacher" des salariés dans un autre pays de l'Union européenne, à condition de respecter le "noyau dur" des règles du pays d'accueil (salaires, conditions de travail...) et de verser les cotisations sociales dans le pays d'origine.
Dans la pratique, cette directive fait l'objet de nombreux abus, en particulier dans le bâtiment, notamment en raison de la sous-traitance en cascade.
La France cherche à former une "coalition" pour revoir le texte et renforcer les contrôles, le sujet étant sur la table lors d'une rencontre entre ministres du Travail européens le 9 décembre.
Pour FO, cette directive "ne relève pas de la libre circulation des travailleurs", elle "favorise et organise" le "dumping social".
Le syndicat indique dans un communiqué avoir attiré depuis des années l'attention des autorités sur "les manquements, les contournements et dangers" du texte et estime que la réunion européenne devra viser à "mettre un point d'arrêt au trafic de main d'oeuvre à l'échelle européenne et faire respecter les droits des travailleurs".
Il estime aussi "que la question de la responsabilité des donneurs d'ordre, outre celle des sous-traitants, doit aussi être posée", alors que pour la première fois en France un donneur d'ordre vient d'être sanctionné.
Le nombre de salariés détachés au sein de l'UE, difficile à évaluer, atteindrait 1,5 million.
 
Par

mercredi 4 décembre 2013

FO et CGT : Issoire : chez Constellium, les salariés veulent leur part du gâteau

Selon les deux syndicats majoritaires, 80% du personnel de Constellium, à Issoire (Puy-de-Dôme) suivait mardi le mouvement de grève. Sur l'initiative de la CGT et de FO, une partie des 1 400 salariés de l'entreprise aéronautique réclame une revalorisation salariale plus en phase avec les résultats.

A Issoire, dans le Puy-de-Dôme, des salariés de Constellium sont en grève pour obtenir une meilleure revalorisation salariale que celle proposée par la direction.
A Issoire, dans le Puy-de-Dôme, des salariés de Constellium sont en grève pour obtenir une meilleure revalorisation salariale que celle proposée par la direction.
 
Alors que Constellium vient de signer un contrat pluriannuel avec Boeing, les salariés d'Issoire (Puy-de-Dôme) réclament une revalorisation salariale à hauteur de la compétence qu'ils estiment être la leur mais aussi des résultats générés par l'entreprise. Pour faire pression sur une direction qui propose une augmentation des salaires de 1,1% en expliquant que les bénéfices doivent servir l'investissement et la création d'emplois, la CGT et FO ont décidé de durcir le ton avec la grève.

Mardi, sur le site issoirien, selon les deux syndicats majoritaires, 80% des 1 400 salariés suivaient le mouvement. "Ce qu'on réclame est légitime", explique Laurent, "l'entreprise réalise un gain de 160 millions d'euros EBITDA*, ce qui représente 55 000 euros par salarié", enchaîne le délégué syndical FO. Les grévistes veulent obtenir de la direction une augmentation en deux temps : d'abord un talon de 75 euros suivi ensuite d'une augmentation de 2,5%.

Pour Philippe Trémouille, représentant la CGT, "la direction ne veut pas reconnaître ces compétences à travers les salaires" et, pourtant, selon lui, cette compétence est bien là comme en témoigne les contrats signés avec Airbus et Boeing.


*EBITDA : Earnings before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization ou bénéfices avant intérêts, taxes, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations


  • France 3 Auvergne
  • Publié le 04/12/2013 | 15:25, mis à jour le 04/12/2013 | 15:25

lundi 2 décembre 2013

TRAVAIL DU DIMANCHE: LA TACHE D’HUILE

Le rapport Bailly concernant les exceptions au repos dominical dans le commerce vient d’être publié.

Même si le rédacteur affirme vouloir préserver le repos dominical, les dispositifs préconisés élargissent de fait les possibilités de dérogations.

Force Ouvrière s’oppose à la proposition de modification qui permettrait d’ouvrir les commerces de cinq à douze dimanches par an (7 accordés par le maire + 5 dérogations de droit par les commerçants). 


5 DECEMBRE - NOUVELLE GRÈVE CONTRE LA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES

La mobilisation contre la réforme des rythmes scolaires prend une nouvelle ampleur avec une grève nationale à l’appel de toutes les organisations syndicales enseignantes.

Les fédérations enseignantes et celles des personnels territoriaux de FO, de la CGT et de SUD «ont pris acte positivement» de l’appel à la grève le 5 décembre, proposé par le SNUIPP (FSU) qui s’était jusque-là abstenu. 


dimanche 1 décembre 2013

STX : FO tiendra toute sa place dans les négociations

Aux dernières élections professionnelles FO a gagné ses galons de représentation : avec 19 % au total et 30 % au premier collège, elle compte bien faire savoir qu'il faudra compter avec sa voix lors des négociations.

Le « syndicat pas représentatif » c'est fini pour FO à STX, Saint-Nazaire. Le syndicat tenait à marquer cette avancée importante autour d'un pot cette semaine.
 

Les présents indiquent que les résultats des élections sont le fruits de  positions claires auprès des salariés « on a posé les vraies questions »

« La direction nous a appris que les Coréens de STX et la KDB viennent la semaine prochaine pour faire un état des lieux. On insiste sur le rôle de l'État qui doit venir comme actionnaire majoritaire, STX ne nous sert à rien comme actionnaire. Rapellons qu' il nous a mis en concurrence avec la Finlande au sein de son propre groupe pour Oasis ».  

« Dénoncer les accords d'entreprise c'est prendre un risque majeur pour la direction » rappellent les syndicalistes, « ce n'est pas le moyen de motiver les salariés alors qu'on va passer deux ans sans augmentation de salaires, et qu'on ne voit pas de perspective de commande immédiate»

Si les ouvriers auront du travail en janvier, les techniciens vont à nouveau connaître le chômage partiel.
 

Pour le syndicat, il faut d'abord aligner les délais de discussions des usages et des accords pour discuter, c'est un préalable.
 

Si 15 mois après la dénonciation des accords, la négociation n'a pas permis de trouver un accord, « on reviendra au code du travail ».
 

FO est déterminée, elle rappelle le savoir-faire des chantiers, la qualification de ses ouvriers, trouve anormal que les soudeurs sont au chômage, payés par des aides de l'État quand ce sont des Polonais payés quelques euros de l'heure qui viennent pour faire le travail sur le grand portique par exemple. « On n'a rien contre les travailleurs étrangers, mais ils ne cotisent pas ici, nous voulons que les conventions collectives soient appliquées sur le site ». 

Et de rappeler les contrats de sous-traitance en cascades, alors que « nous serions plus favorables à de grands sous-traitants de rang 1, surtout que nous avons les moyens de la formation ».
 

Quelle mobilisation des salariés dans les semaines à venir ? « Pour l'instant nous n'avons pas assez d'informations, nous devons regarder quelle est la part de modification dans chaque accord ».


Lu dans la Presse - saintnazaire-infos.fr