mardi 5 juillet 2016

Loi Travail - Jean-Claude Mailly : « Nous ne baisserons pas les bras, y compris pendant l’été »

Prélèvement à la source Secret fiscal bafoué, vie privée des salariés en danger

lundi 4 juillet 2016

EN BELGIQUE AUSSI: GRÈVE GÉNÉRALE CONTRE LA RÉFORME DU TRAVAIL


Transports et services publics à l’arrêt, entreprises et commerces bloqués… L’appel à la grève générale interprofessionnelle lancé le 24 juin par la FGTB a paralysé de nombreux secteurs du pays.
Les travailleurs dénoncent « les mesures de régression sociale » du gouvernement, notamment la semaine de 45 heures, la retraite à 67 ans, ainsi qu’un projet de loi Travail inversant la hiérarchie des normes.
La FGTB avait prévenu de longue date : elle appelle à la grève ce vendredi. Le syndicat socialiste entend protester contre la réforme du travail du gouvernement Michel. L’objectif de l’action est de mettre l’économie du pays à l’arrêt « afin de marquer notre opposition aux mesures de régression sociale annoncées par ce gouvernement de droite ». La date du 24 juin a été choisie pour ne pas perturber les examens des étudiants.
La CSC et la CGSLB n’ont quant à elles pas donné de mot d’ordre de grève à tous leurs affiliés. Elles laissent chacune des centrales décider. Par solidarité, certains secteurs et entreprises seront donc en grève. Quoi qu’il en soit, à elle seule, la FGTB dispose des moyens de bloquer l’économie et les transports en commun. Et les renforts venus des autres syndicats ne feront qu’accentuer les perturbations.
Précision importante : aucune manifestation d’envergure n’est organisée par la FGTB ce vendredi.

FAISONS LE POINT SECTEUR PAR SECTEUR

1. Transports en commun. Sur son compte Twitter, la SNCB précise s’attendre à des perturbations, même si l’ampleur de l’action ne peut pas encore être déterminée. Le front commun n’est pas de vigueur sur le rail ce vendredi.
Du côté de la Stib, « le mouvement se fait en front commun, la CSC et la CGSLB nous accompagnent dans le mouvement », précise Dario Coppens, secrétaire régional de la FGTB. « Il y aura très peu voire pas du tout de transports vendredi dans Bruxelles », ajoute-t-il.
Même si la CSC et la CGSLB ne participent pas à la grève, la situation risque d’être très compliquée au niveau des Tec puisque les affiliés de la FGTB représentent 50% du personnel des transports.  « Y aura-t-il des piquets dans les dépôts, qui empêcheront les bus de sortir ? La décision doit être prise jeudi mais je ne le pense pas. Et si certains décident de bloquer, ils seront très peu nombreux », assure Claudy Vickevoorst. Selon ce représentant « transports » du syndicat socialiste, en Wallonie, « il y aura des risques de blocages un peu partout, y compris sur les routes ».
La FGTB précise cependant qu’elle n’appelle pas à bloquer les routes et que, si cela devait être le cas, ces barrages devraient être filtrants. « Je n’ai pas encore de vues sur toutes les actions régionales prévues », souligne Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB. « La grève n’étant pas en front commun, il m’est impossible de prévoir l’impact réel qu’aura cette action sur les usagers des transports avant vendredi matin. »
2. Aéroports. Un préavis est évidemment déposé pour couvrir les actions descontrôleurs aériens mais « la CGSP n’appelle pas formellement à la grève », explique le secrétaire fédéral Eric Halloin. « Nous sommes en pleine négociation sur les conditions de travail et sur les fins de carrière, ce n’est pas le moment de faire monter la pression et de jouer la provocation en bloquant les aéroports », renchérit-il. Par contre, les risques de dérangements sont bien plus grands dans le chef des bagagistes.
3. Ecoles. Côté enseignement, le secrétaire fédéral Eric Neuprez nous indique que le but « n’est pas de fermer les écoles ». Vu la fin de l’année, l’impact sur les élèves restera très limité et localisé.
4. Distribution. Dans les grands magasins et commerces au détail, la FGTB espère pousser « un maximum d’enseignes à fermer leurs portes vendredi ». Vu que des discussions et votes internes doivent encore intervenir dans les prochains jours, la vice-présidente fédérale du syndicat socialiste Myriam Delmée estime qu’il est trop tôt pour déterminer les impacts précis pour les consommateurs, mais elle prévient : « Les clients qui veulent faire leurs courses sereinement ont intérêt à éviter de les faire ce vendredi car le mouvement sera bien suivi. Toutes les enseignes seront touchées, même si cela se fera diversement selon les groupes et les localisations ».
5. Zonings industriels. Des barrages bloquants (1 à 2h maximum) et filtrants seront organisés à divers endroits afin d’empêcher ou freiner l’activité économique. Les délégués souhaitent distribuer des tracts et offrir des actions visibles « afin de paraître dans les médias ».
6. Courrier. Du côté de bpost, des perturbations dans la distribution du courrier sont à prévoir. C’est aux régionales de décider comment elles suivent l’action mais « le mouvement sera suivi comme d’habitude », a averti le représentant du secteur.
7. Communes et CPAS. Les administrations locales seront impactées proportionnellement aux poids des délégations de la CGSP au sein de ces différents services publics locaux. Le mouvement ne sera donc pas homogène d’une commune à l’autre. Cependant, les administrations devraient être particulièrement touchées à Liège, Mons, Charleroi et Namur selon nos interlocuteurs.
8. Hôpitaux. Les services de soins devraient être assurés dans les hôpitaux publics même si quelques perturbations sont sans doute à prévoir.

FO Energie et Mines - COMMUNIQUÉ INTERFÉDÉRAL: BREXIT, LE REPORT D'HINKLEY POINT EST PLUS QUE JAMAIS NÉCESSAIRE

Les fédérations FO Énergie et Mines, CGT Mines et Énergie et CFE-CGC Énergie demandent à nouveau le report du projet Hinkley Point, renforcées par le Brexit.
l’Intersyndicale considère que ce n’est pas un lancement précipité du chantier de deux réacteurs nucléaires de 3ème génération à Hinkley Point, sans attendre le complet retour d’expérience des premiers EPR en construction, qui sera de nature à répondre aux principaux enjeux de la filière nucléaire française.
Au contraire, le montage financier envisagé pour le projet Hinkley Point mobilise les fonds propres d’EDF, faisant ainsi porter au bilan de l’entreprise les risques industriels et financiers du projet.

Rassemblement et Meeting contre la #LoiTravail, le 5 juillet et le 26 août 2016 à Nantes

Les organisations syndicales de Loire-Atlantique se sont réunies le 1er juillet. Elles partagent les grandes lignes de la déclaration intersyndicale des confédérations d’hier. Nous restons donc opposés au projet de Loi Travail. 
Compte tenu des congés d’été,  nous avons décidé de ne pas organiser de nouvelles manifestations le 5 juillet à Nantes et St Nazaire (le projet de loi est examiné en 2ème lecture à l’Assemblée Nationale le 5 juillet). Mais nous souhaitons maintenir la pression.
Nous avons décidé d’organiser le mardi 5 juillet un rassemblement à Nantes, avec prises de parole et organisation d’un pot pour remercier tous les militants qui ont participé à la mobilisation pour le retrait du projet de loi depuis maintenant 4 mois. 
Nous avons également décidé d’organiser un meeting intersyndical le vendredi 26 août, au retour des vacances et en pleine “université d’été” du PS.

À suivre :
- Communiqué intersyndical "Le souffle ne nous manque pas !"
- Rassemblement et meeting

SUD OUEST ECO – INTERVIEW JEAN-CLAUDE MAILLY : « LE POLITIQUE DOIT REPRENDRE LE POUVOIR FACE À LA FINANCE »

Jean-Claude Mailly, le le secrétaire général de FO était ce matin à Bègles pour le 27e Congrès du syndicat en Gironde
« A Bègles (33) ce vendredi 24 juin pour la 27e congrès de Force Ouvrière de la Gironde, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de la Confédération a évoqué avec « Sud Ouest » le conflit social et les conséquences du Brexit… » Sud Ouest Eco

Sud Ouest : Pensez-vous que les discussions avec le gouvernement sur la loi Travail vont enfin aboutir ? 
Jean-Claude Mailly : Nous avons eu de vrais débats de fond lors des derniers contacts avec la ministre du Travail. Ce qui est regrettable, c’est que chaque fois que nous avons l’impression que la porte du dialogue s’ouvre, le Premier ministre l’a refermée. Comment doit-on interpréter la déclaration faite hier par François Hollande « nous irons jusqu’au bout ». Cela signifie-t-il que début juillet au Parlement, il y aura un nouveau 49-3 ? Ce serait ubuesque qu’un gouvernement dit de gauche passe en 49-3 sur un sujet concernant le travail.
S’il y a 49-3, je donne rendez-vous en septembre… Quelques déplacements de ministres seront perturbés… J’aimerais que le conflit soit réglé avant la fin de l’été, mais ce n’est pas gagné. Je n’ai jamais connu de conflit social aussi long en France, plus de 4 mois ! Nous aurions dû en sortir depuis longtemps, sauf qu’il n’y a pas eu de dialogue. Je n’aurai jamais pensé vivre ce que nous avons vécu cette semaine : demander au ministre de l’Intérieur de faire respecter le droit de manifester en France. Il faut résister et tenir. Hier, à la fin de la manifestation, j’ai suggéré au Premier ministre de réunir chacune des confédérations syndicales et organisations patronales pour réamorcer un dialogue.
Mais, en réalité, c’est le président de la République qui a la clé. C’est lui qui a été élu au suffrage universel. En 2006, au moment du conflit du CPE, j’étais secrétaire général, ça avait duré moins longtemps, en l’occurrence, trois mois, mais, un week-end, nous avons trouvé un accord dans un appartement avec une équipe envoyée par l’Elysée.

Vous avez fait des contre-propositions au gouvernement, mais sans les rendre publiques, pourquoi ?
J’attends un retour du gouvernement pour les rendre publiques. Nos propositions portent sur les cinq points les plus controversés de la loi, en premier lieu, l’inversion de la hiérarchie des normes, la question du référendum, la médecine du travail, les licenciements économiques et les accords de maintien de préservation de l’emploi.
Nous n’accepterons jamais que la branche, c’est-à-dire les conventions collectives nationales, soient remises en cause sur la durée du travail, car cela ouvrirait d’autres brèches demain. La branche permet un minimum d’égalité entre les salariés, une limitation du dumping social et de la concurrence.
C’est un projet multiminoritaire. Dans les cinq confédérations, seules la CFTC et la CFDT, qui représentent 40% des syndicats, l’acceptent en l’état. Chez les patrons aussi, les artisans de l’UPA et de la CGPME sont contre aussi sur l’inversion des normes.

Avec 70 000 manifestants seulement hier en France, selon l’Etat, la mobilisation semble faiblir, ne craignez-vous pas un retournement de l’opinion publique contre les syndicats ?
Nous en sommes à la 10e journée de mobilisation en 4 mois. Avoir encore 70 000 personnes dans la rue hier au regard des conditions de la manifestation, cela reste fort. Concernant notre représentativité, mise en cause ces dernières semaines, la dernière étude du ministère du Travail fait apparaître que le taux de syndicalisation public-privé est de 11 à 12% et non 6%.
Surtout, il n’y a pas de corrélation entre un taux de syndicalisation et la situation réelle des salariés. Sinon, comment expliquer que la France est le premier pays au monde en termes de couverture conventionnelle des salariés. Plus de 90% des salariés français sont couverts par une convention collective. En Allemagne, ils sont à 70%, en recul.

Certes, mais comment expliquez-vous la perte de représentativité syndicale ces dernières années ?
Nous sommes toujours dans une situation de crise internationale. Nous n’avons toujours pas réglé les problèmes liés à la crise de 2008, les paradis fiscaux, le poids de la banque et de la finance… Une des conséquences est la perte de pouvoir des gouvernements face au marché.
Par exemple, sur le Brexit, ce que tout le monde guette aujourd’hui, c’est la réaction des marchés. Tout ceci montre bien que David Cameron, le président de la République… n’ont plus le pouvoir. C’est un problème de fond. Il faudrait que les pouvoirs politiques reprennent du poids. C’est vital. L’un des enseignements du Brexit, est que l’Europe doit se rapprocher des citoyens. Ce Brexit ouvre une brèche. Que va-t-il se passer par exemple avec l’Espagne ? Nous avons soutenu les syndicats anglais qui demandaient à rester dans l’Europe, car régulièrement le Royaume-Uni demandait des exemptions aux règles européennes. Pour eux, l’Europe est une garantie sociale. Il y a aujourd’hui un rejet des citoyens non pas sur l’Europe, mais pas la manière dont l’Europe fonctionne.
D’ailleurs, l’une des premières erreurs de François Hollande est d’avoir avalisé dès son élection le pacte budgétaire européen, alors qu’il avait dit pendant la campagne qu’il le renégocierait. La France était attendue par l’Italie, l’Espagne sur les modalités de la construction européenne.

Quelles seront les conséquences du Brexit pour les salariés anglais ?
Pour les salariés anglais, avec le Brexit, il y a des risques de remise en cause, car certains socles minimaux risquent de disparaître, sur la durée du temps de travail, la protection sociale, voir même sur le droit syndical… Nous rentrons dans une période d’incertitude. Cela fait plus de 3 ans que j’explique que les politiques d’austérité menées en Europe sont triplement suicidaires : socialement, économiquement (manque d’investissements dans les infrastructures…) et ça finit par poser des problèmes démocratiques. Il faut que les problèmes politiques prennent leur responsabilité et reprennent le pouvoir face à la finance.
De notre côté, il y a nécessité de coordination de plus en plus forte entre syndicats au niveau européen et international.

Plus localement, ce matin, Alain Juppé a déploré le « hooliganisme » de certains agents de propreté en grève à Bordeaux, qu’en pensez-vous ?
Il y a eu des exactions ? Non. Alors ce sont des termes qu’il ne faut pas employer. On ne doit pas confondre des militants avec des casseurs, ni confondre des gens en grève avec des hooligans. Ce n’est pas la peine de rajouter des mots sur des maux. Notre société est assez déchirée comme cela.
Il n’est pas non plus acceptable que des locaux syndicats, comme ceux de la CFDT, soient saccagés. On peut être en désaccord, mais il y a des choses qui ne se font pas.

Interview : Nicolas César

Loi Travail - Conférence de presse de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière