lundi 6 juin 2016

Loi travail : autoritarisme social versus liberté de négociation


Les thuriféraires de la loi Travail, du gouvernement et de sa ministre en charge du Travail à son soutien syndical (la CFDT est de plus en plus isolée de ce côté), ne cessent de plaider le renforcement du « dialogue social et [du] rôle des partenaires sociaux », la « place inédite accordée aux partenaires sociaux », le « choix de la régulation par le dialogue social », ou encore la « place prépondérante » donnée à la négociation collective. Il s’agirait de donner de « nouvelles souplesses, par accord d’entreprise majoritaire, pour organiser le temps de travail au plus près du terrain » et il n’y aurait « pas non plus inversion de la hiérarchie des normes » (discours de la Ministre Myriam El Khomri prononcé devant la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 29 mars 2016 et répété depuis à satiété).

dimanche 5 juin 2016

Projet de loi travail - Votation citoyenne

Consommation - Une liste rouge pour lutter contre le démarchage téléphonique


Qui n’a pas reçu un coup de fil commercial aux heures de repas ou après une journée bien remplie, proposant l’installation d’un double vitrage ou la pose de panneaux photovoltaïques ? Selon une enquête de 60 Millions de consommateurs, les Français reçoivent en moyenne une quinzaine d’appels de ce type par mois. Des démarchages « à domicile » qui peuvent en excéder plus d’un.
Une situation qui risque de changer puisque depuis le 1er juin, les particuliers qui ne souhaitent plus être dérangés par de telles sollicitations peuvent inscrire leur numéro de téléphone fixe et/ou de mobile dans la base de données Bloctel (www.bloctel.gouv.fr). Il leur faudra néanmoins attendre un mois après la réception du récépissé d’inscription pour ne plus recevoir d’appels commerciaux. Cette inscription durera trois ans et le particulier sera invité à se réinscrire trois mois avant l’échéance.
Pour protéger la confidentialité des données fournies, les professionnels n’auront pas accès aux listes de numéros soumises à l’interdiction, Bloctel fera le ménage dans les fichiers de prospection de chaque professionnel qui en fera la demande. Si les appels persistent, un formulaire de réclamation, disponible sur le site, sera transmis à la DGCCRF qui mènera une enquête.

Des amendes à partir du 1er juillet

Ce dispositif, figurant dans la loi Hamon du 17 mars 2014, « interdit à un professionnel, directement ou par l’intermédiaire d’un tiers agissant pour son compte, de démarcher téléphoniquement un consommateur inscrit sur cette liste ». Les amendes, de 15 000 à 75 000 euros, devraient commencer à pleuvoir dès le 1er juillet 2016. Pour les appels émis à partir de plates-formes à l’étranger, c’est le donneur d’ordre français qui sera poursuivi.
Quelques bémols tout de même : « En cas de relations contractuelles préexistantes », précise le code de la consommation, les entreprises pourront toujours contacter un client. Traduction : votre opérateur téléphonique pourra continuer de vous proposer ses offres commerciales sans être inquiété. Attention, Bloctel ne concerne pas les SMS qui eux sont gérés par une autre liste, 33 700. 

En marge : Multiplication des appels frauduleux 
Le nombre de messages frauduleux a explosé en 2015. Il s’agit des messages invitant à rappeler un numéro de téléphone commençant par 0899 (fortement surtaxé). Promesses de gains à des jeux, fausses offres d’emploi, etc. ont nourri le million et demi d’appels ou de SMS indésirables en 2015, contre un peu moins de 900 000 en 2014.

samedi 4 juin 2016

FO Energie et Mines - Le Livre Blanc de l'Energie


Interview de Thomas Guénolé, politologue, enseignant et conseiller politique « La loi Travail enlève des droits sociaux et des protections aux salariés sans contreparties »


JPEG - 378.1 ko
Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0
Pour le politologue Thomas Guénolé, enseignant à Sciences Po, le Code du travail n’est pas un obstacle à l’emploi et l’attitude du pouvoir face aux opposants au projet de loi El Khomri révèle son isolement.
Que pensez-vous du projet de loi Travail et des arguments mis en avant par ses promoteurs ?
Thomas Guénolé : Simplifier la rédaction du Code du travail serait une bonne chose : c’est un texte difficilement lisible. Mais ce n’est pas ce que fait la loi Travail. Ce qu’elle fait, c’est enlever des droits sociaux et des protections aux salariés, sans contreparties : par exemple, elle autorise un accord d’entreprise à violer un contrat de travail et elle fait monter le temps de travail hebdomadaire maximal autorisé à 46 heures. 
Pour ma part, j’observe qu’un Code du travail plus protecteur n’a pas empêché le chômage de baisser sous Lionel Jospin ; que, selon l’OCDE, les Français sont plus productifs que les Allemands ; et que selon l’INSEE, la baisse du temps de travail à 35 heures a créé 350 000 emplois. Je ne pense donc pas que la loi Travail soit une bonne réforme économique.

Recours au 49-3, déclarations martiales, etc. Comment analysez-vous les messages de fermeté envoyés ces dernières semaines par le gouvernement ?
Thomas Guénolé : Les déclarations gouvernementales fermes, voire menaçantes, envers les manifestants et les grévistes, m’apparaissent comme la fuite en avant d’un pouvoir qui a perdu son socle de soutien, à l’Assemblée comme dans l’opinion publique. Et l’utilisation du 49-3 est un signe très clair de perte d’autorité de François Hollande sur sa majorité à l’Assemblée.

Plus généralement, que nous apprend la mobilisation sociale en cours sur l’état de la France ?
Thomas Guénolé : Pour moi, la clé de compréhension c’est la montée du « précariat ». Ce concept vient du sociologue Guy Standing. Les précaires sont tous ceux qui n’ont ni visibilité sur leur avenir immédiat, ni rémunération stable, et qui ont des débuts de mois difficiles. Or, de plus en plus de Français basculent dans le précariat. Les grèves, les blocages, Nuit Debout, ces 70 % de Français refusant la loi El Khomri peuvent être vus comme une conséquence de cela.

Dans votre dernier livre vous dénoncez la figure mythique et fantasmée du « jeune-de-banlieue » ; pourquoi ?
Thomas Guénolé : J’ai constaté une diabolisation des jeunes de banlieue par les couches supérieures de la société, qui les voient automatiquement comme de jeunes hommes arabes à capuche, mal rasés, voleurs, violeurs, fraudeurs, assistés, casseurs, dealers, et potentiels djihadistes. Or, plus de 98 % des vrais jeunes de banlieue ne sont ni djihadistes, ni criminels, ni délinquants, ni dans des bandes. Cette diabolisation, que j’appelle « balianophobie », est donc injuste et stupide.

Vous avez déclaré « la question identitaire est un piège à cons pour les pauvres » ; que voulez-vous dire par là ?
Thomas Guénolé : Ce ne sont ni les Arabes, ni les Noirs, ni les musulmans qui sont responsables de la montée en flèche du précariat, de la fermeture des usines, de l’appauvrissement des classes moyennes, de l’explosion du chômage et de l’écrasement des salaires. Donc, quand soi-même en tant que pauvre on subit la crise, s’en prendre à eux c’est se tromper de colère. 

Propos recueillis par David Rousset

FORTE HAUSSE DE SALAIRES POUR LES EMPLOYÉS DE L’INDUSTRIE ALLEMANDE

Ces dernières semaines, 760 000 salariés du secteur avaient perturbé l’activité sur une multitude de sites industriels en participant à des grèves d’avertissement. | AFP

ALLEMAGNE – PUBLIÉ LE 

UN ACCORD PORTANT SUR LES SALAIRES DES EMPLOYÉS DE L’INDUSTRIE ALLEMANDE A ÉTÉ VALIDÉ VENDREDI. LES 3,8 MILLIONS DE SALARIÉS BÉNÉFICIERONT D’UNE HAUSSE DE 4,8%.

Il fait bon ces temps-ci à être ouvrier dans l'industrie allemande. Du travail il y en a et les salaires ne cessent d'augmenter. Le dernier accord en date a été obtenu, comme souvent en Allemagne, après une négociation marathon entre patronat et syndicats. Dans les deux ans à venir, les salaires vont augmenter de 4,8% pour près de quatre millions de métallos.

Hausse de salaire et primes

L'accord n'est pas isolé. 2,4% de hausse de salaire, voilà ce qu'ont obtenu les agents de la fonction publique cette année. En fait, tout le monde veut toucher les fruits de la croissance allemande. Les manifestations pour demander des hausses de salaire sont légion. Et même quand il y a un accord, beaucoup d'employés réclament plus. Mais il y a aussi les primes distribuées par les entreprises. Plus de 8 000 euros chez BMW. Même chez Volkswagen, pourtant touché par le scandale des moteurs truqués, les employés vont toucher 4 000 euros. De l'argent qui devrait être dépensé plutôt qu'épargné. Cela va soutenir la consommation qui devient de plus en plus le pilier de la croissance allemande.

COMMUNIQUÉ CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNEF, UNL, FIDL


Communiqué CGT, FSU, FO, SOLIDAIRES, UNEF, UNL, FIDL

Après trois mois de manifestations et de grèves, la mobilisation contre le projet de loi travail ne faiblit pas. Au contraire, suite aux assemblées générales, les mouvements de grèves, y compris reconductibles, s’étendent et des actions sous des formes diverses se développent. Par son silence et son mépris, le gouvernement est responsable de la situation de blocage. La mobilisation rencontre toujours le soutien de la population consciente des régressions sociales qui menacent les salarié-es d’aujourd’hui et de demain.
Les organisations syndicales mobilisées condamnent les attaques injurieuses et inacceptables du Medef contre le mouvement social et les syndicats. Ces propos entretiennent un climat délétère qui encourage des menaces contre les militant-es et les salarié-es mobilisé-es.
Ni la surenchère au Sénat, ni l’entêtement du gouvernement n’entameront notre détermination.
Depuis le début du conflit, la lutte paie et le gouvernement s’est vu contraint de céder à des revendications sectorielles légitimes. Pour autant, il s’obstine encore à ne plus rien lâcher sur la loi, en particulier sur la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branches et la loi, le chantage par les accords de maintien et de développement de l’emploi, le référendum d’entreprise, la facilitation des licenciements, le temps de travail, la médecine du travail, la pénalisation financière des privé-es d’emploi…
Ces éléments constituent le cœur de la lutte que mènent les organisations syndicales et la raison pour laquelle elles exigent depuis le début le retrait du projet et l’ouverture d’une négociation pour de nouveaux droits.
Depuis le 20 mai, les organisations syndicales et de jeunesse ont demandé à être reçues par le Président de la République. Cette requête est restée à ce jour sans réponse alors que depuis trois mois, les organisations ont des propositions à faire valoir et sont prêtes à discuter.
Dès aujourd’hui, les organisations appellent à poursuivre et à amplifier les mobilisations :
  • en multipliant, en participant et en soutenant les actions décidées par les salarié-es en assemblées générales, y compris par des grèves ;
  • en travaillant à des temps forts de convergence de luttes interprofessionnelles par la grève et les manifestations, en organisant ou en renforçant les journées déjà engagées du 6 au 13 juin dans les secteurs professionnels et sur tout le territoire ;
  • en assurant le succès de la votation organisée dans toutes les entreprises, services, lieux d’études, dont les résultats seront remis lors d’une grande mobilisation fin juin.
Elles invitent tous-tes les salarié-es, jeunes, retraité-es, privé-es d’emploi à participer massivement à la manifestation nationale du 14 juin à Paris et à renforcer la mobilisation pour le retrait de la loi travail et pour de nouveaux droits.
Les organisations se retrouveront le 8 juin afin de préparer le 14 juin et ses suites.
Paris, le 2 juin 2016